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Lundi 19 février 2007
Tiré d'une impro sur les mots
*feu, baladin, briguandage, etable, castellet* et en bonus (bigoudis et jardinet, niiiiiiiiii)


Baladin...
Intéressons nous aux racines obscures de ce mot.
"Qui promène et chante"

Certains y voient un brin de brigandage car en terre d'Islam,
on a jamais vraiment clairement démêlé les relations qu'il entretient avec les Quarantes voleurs.
Toujours en Orient, les mages marchent eux par trois
comme on l'observe aux abords des meilleures étables.
Ce n'est donc pas une coincidence si les nains sont sept
car nous parlons d'un bas Ladïn, dont vous avez ci-dessus la contraction.
Car je vous la pose en mille comme en cent:
Trois fois sept égal Vingt-et-un,
si le "il était une fois" on retient, nous comptons vingt et c'est déjà la moitié de nos voleurs
et qui sait, de cette histoire...

Revenons alors à notre baladin autour de son feu.
Il chante, danse, joue. "Tralalala".
Et dans l'ombre déjà, les esprits sombrent. L'alcool à flôt coula
et le brigandage son office acheva, allègeant ici et là quelques bourses.
De nouveau nous voilà devant la suspicion que provoque cette profession.
L'artiste est-il de mèche avec la faune des ruelles?
Sa voix est, dirait le trappeur québecois, l'érable qui cache la forêt.
Elle est en effet bien sirupeuse, s'écoule et vous berce.
Pour un peu vous en dormiriez debout, ou dans une étable au cul de la vache!

Voilà la ballade finie,

il est temps pour moi d'enfiler mes bigoudis
de me retirer en mon castellet, finir cette nuit dans mon lit...

à ceux qui voulaient m'entendre compter 40 pour arrêter,
je trinque, remplissant une dernière fois mon verre de vin pour y arriver.

et si entre temps, monnaie à votre bourse manquait...
vous n'aviez qu'à la déposer à la banque avant de venir au banquet!
Si l'on m'accuse du larcin jusqu'à la faim je niiiiiiiiiierais!

sur le tchat de 'la bouche des mots'
http://bouche-des-mots.frbb.net/
(prendre la direction du feu de camps le dimanche après 21h)
Par Franzowsky - Publié dans : contes
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Lundi 5 février 2007
J'arrive à gare du nord, le train a traversé la banlieue et se vide sur le quai.
Passagers, nous transitons d'un vagon à l'autre devant les militaires en armes.
Ils sont là par trois, fusil d'assault au poing, rangers, treillis verts et bérets au milieu des rames.
Plus personne ne fait plus attention à eux, l'espace public est déjà prêt pour le tout sécuritaire;
la mode aussi avec ses vêtements streetwear kakis et ses parkas camouflage.
Dans le civil, autrefois c'était tendance chez les inconditionnels de 'chasse pêche et traditions' et les militants d'extrême droite.
Très branchées aussi, les références policières: blousons et casquettes FBI ou RG 512.
Est-ce du mimétisme? On finit par reconnaitre difficilement les patrouilles dans la foule.
Dans les marques portées aujourd'hui on trouve aussi Kaporal pour les petits Bonapartistes.
Sur le marché de la sape elles se succèdent, éphémères... le sportwear occupe moins le terrain.
La marque Kaira vendit quelques sweat aux collègiens et collègiennes,
que pouvaient alors penser les physios et les agents de sécurités quand ils toisaient ces jeunes à l'entrée des boites et des supermarchés?
Et les salariés des supermarchés ED,
est-ce qu'ils se marraient devant les clients portant des vêtemnents signés DIA?
J'aimerais bien savoir.
Par Franzowsky - Publié dans : écritures
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Lundi 5 février 2007
la nuit tombe sur la dalle bétonnée,
on ira fumer sous le porche
s'en foutre plein les poches
parler,
certains sont déja béton
pour eux c'est trop con,
ces vies parties en fumée.
Que voient les gosses dans le béton nés?
que dalle et rien à foutre,
rêver de Porsches
sur d'autre routes
rouler
Par Franzowsky - Publié dans : Poèmes
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Lundi 5 février 2007
'tu m'aimes?'
c'est beau... comment dire?
'Il t'aime',
déjà, c'est pire
'je t'aimes',
ni l'entendre, ni le dire...
pourquoi tant de haine?
la langue prononce ces mots, contre les incisives se cogne
plus doucement le 'vous' ouvre vos lèvres sans vergogne
du pluriel, seul je conjuge la deuxième personne
espèrant toutefois vous voir mordre dans ma pomme
familier, jamais mystérieux, le 'tu', l'amour lasse
un bruit de tiroir caisse, dans le cinéma on s'enlace
un film sous-titré, prononçant 'i love you'
ce filon de varièté, on connait la chanson, taisez vous.
Par franzowsky - Publié dans : Poèmes
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Mercredi 10 janvier 2007
Aux premiers temps
tout était sauvage
puis la parole apprivoisa les cris.
Virent les mots,
et leurs lettres fixèrent les contours du monde.
Dès lors, les rêves et l'enfance s'éloignèrent peu à peu,
le temps s'était mis en marche.
Les sentiments se redressèrent, devinrent pensées,
revêtues de morale, au sein de leurs phrases cloitrées.
De lignes en lignes, un vaste labyrinthe se construit
et le sens de la vie on perdit.
Où était l'entrée? Où la mystérieuse sortie?
Par NoWMaD - Publié dans : Poèmes
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Mercredi 10 janvier 2007
Je suis un lézard de canapé
nouvel animal de compagnie
exotique caméléon,
camouflé
dans la jungle des villes, je vis
une télévision couleur allumée
et toujours ces rêves restent gris
l'hiver est long, mon sang refroidi
je change alors de peau,
mue
retourne ma veste,
porte des bottes en croco.
Par NoWMaD - Publié dans : Poèmes
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Samedi 6 janvier 2007
L'abeille était-elle aux insectes, ce que le Lion était à la savane?
La royauté chez les animaux pose autant de problèmes que l'identification formelle des
fromages à pâtes molles non-pasteurisées après quelques jours de trop...
Observons que le lion dans la savanne n'est pas très travailleur.
Le fauve couronné, sa royale crinière règne sur un vaste domaine et une suite de lionnes
qui chassent pour lui et ses progénitures.
A l'opposé, une abeille se trouve être LA Reine de toute une ruche
les ouvrières la nourrissent d'un nectar particulier, je ne vous l'apprend pas et a pour elle seule une cour de
faux-bourdons qui ne battent des ailes que pour son bon plaisir.
Ainsi, ces deux monarques se trouvent être au centre d'oppositions singulières et remarquables.
Il était une fois une ruche, sur un arbre déssèché au milieu d'une grande plaine déserte.
La horde de Lanciné, le grand félin, avait coutume de rejoindre cet endroit depuis bien des lunes.
Ils retrouvaient l'arbre solitaire quand les pluies revenaient sur la savanne,
sans jamais suspecter dans le voisinage la présence de la ruche et sa multitude,
qui à cette période, se reposait.
Leur royaume était, disaient-elles 'noyé et leur ailes ne savaient comment battrent'.
Dormant dans les profondeurs de leur ruche, les rugissements des grands fauves se confondaient
avec les détonations des orages. Seulement il y eut une année ou les pluies tombèrent si longtemps,
que l'eau tarda à se retirer, ainsi que la horde.
Ainsi, par une belle journée ensoleillée, la reine fut réveillée de sa longue hibernation
par une de ses servantes.
"Mère, je vous souhaite le bonjour, l'année nouvelle commencera avec votre royal premier petit
déjeuner. Mais il y a une affaire urgente qu'il vous faut éluder. Les guetteuses ont
remarqué parmis vos sujets, d'étranges créatures poilues qui ont le tonnerre dans la gueule.
Elles ont élu domicile en bas de notre arbre et ne semblent pas s'inquièter de votre royale présence.
- Bien ma fille. Foi de reine je m'en vais démêler cela dès que j'aurais gouté la gelée,
le fruit de la précèdente récolte."
La reine sortit à l'heure chaude, comme le font les abeilles de son rang. Elle survola la meute,
qui dormait profondément. Elle vint bourdonner aux oreilles de l'un des fauves avec sa petite voix aigüe.
Celui l'écarta d'un battement du même appendice à la manière des félins endormis,
je vous laisse imaginer la scène. Vexée et de mauvais poils entourée,
elle se jeta sur le postérieur du félin pour planter son royal dard.
Elle eut fait preuve de plus de tact en temps normal, mais sortant d'hibernation,
elle était plus prompte à darder quelques fessiers personnellement, pour remettre tout le monde au pas!
Le félidé victime se réveilla brutalement et par réflexe vint balayer la reine de sa queue.
En quelques instants, la troupe qui ne dormaient jamais que d'un oeil, fut alertée.
Les guerrières de la rûche quant à elles avaient suivit la royale charge et le crime de lèse-majesté,
dans un bourdonnement, elles se regroupèrent en essaim.
Chaque seigneur vint au devant de sa troupe lentement, et se firent face.
La reine prit la parole :
"Qui êtes-vous, viles fourrures, pour oser souiller le seuil de ma demeure de vos poils?
Le roi rétorqua :
"Je suis Lanciné premier, fils de Moussa, et je règne sur ce clan et cette savane
à la suite de mes ancètres depuis trois générations. Qui êtes-vous qui parlezzzzzz de façon si pressée?
- Et bien sachez que je suis Reine de cette savane, que mes sujets sont millions,
et nos dards sont craints par toutes les autres espèces!
Vous n'êtes qu'un usurpateur à la tête de poilus galeux, veuillez quitter ces lieux!"
Derrière le roi, les félins étaient nerveux, celui qui s'était fait piquer lèchait encore son derrière douloureux.
En effet, bien que ne sachant compter, la horde pouvait imaginer l'issue d'un combat
contre ces insectes innombrables et rapides comme l'éclair.
Toute leur bravoure légendaire ne leur serait d'aucun secour. Les félins étaient donc démoralisés,
accrochés aux paroles de leur Roi, qui déciderait d'une mort dans la gloire ou de l'infâmie et la retraite.
Cependant, le vieux roi esquissa un sourire. Son regard semblait soudain lointain.
Il se rappelait les histoires de ce grand-père, qui le premier les avaient conduit sous cet arbre.
Il marqua une pause, pour pousser la tension à son paroxisme et reprit la parole, royalement :
"Hé, Ma reine, sachez que ma vie se passe peut-être à courir dans la poussière,
quand vous et même la dernière de vos ouvrières parcourez les chemins du ciel.
Je me nourris de chair quand vous savourez le nectar... Mais sachez tout de même que je n'en suis pas moins Roi,
et le fils de l'orage, le porteur de tonnerre. Ma horde viens ici depuis des lustres
pendant que vous vous cachez des pluies dont nous nous rions. Et quand nous repartons,
les tonnerres de mon père nous suivent. Là, votre commerce butineur peut enfin reprendre.
Aussi je vous demande de vous considèrer comme reine de ces cieux et des jours,
veillant sur notre sommeil, quand moi, je serais roi de cette terre de savanes, des nuits et gardien de votre arbre."
La reine amusée repris:
"Et bien c'est une belle histoire que j'ai entendu là, ménestrel dans une autre cour, on vous aurait offert du tabac!
Mais je suis lasse de cette farce, faites cesser cette trop longue pitrerie! Déguerpissez, où vous enflerez à en crever..."
Elle ne fini pas sa phrase, car le roi se mit à RRRugiRRR! Si fort qu'il est dit que la savane en résonne encore!
Les abeilles secouées par ce grondement terrifiant, se réfugièrent dans la ruche
comme le leur dictait leur instinct. La Reine, prise de court, était restée là, face au Roi, subjuguée. Elle se mit à voleter de manière penaude.
"Et bien sachez que nos altesses se rencontrent comme vous l'avez souligné à la fin de la saison des pluies,
et qu'après une si longue et royale nuit d'hibernation je suis d'une humeur qui m'entraine à quelques confusions.
Evidemment, moi au ciel, vous sur terre, protègeant des intérêts mutuels. Vous me verrez bien honorée et je suis sûre que vous n'aurez pas à le regretter.
Sur ces paroles, je me retire avant que le soleil n'en fasse autant."
Le roi souhaita une bonne soirée à la reine et retourna vers sa horde avec un sourire
devant leurs faces bluffées. Ce n'est pas demain que sa dynastie serait renversée par un jeune rival.
Lui aussi enseignerait ce bluff à son héritier, lui expliquant qu'ils sont les fils du tonnerre et les Rois de cette terre,
quant aux abeilles, si elles sont nombreuses et ont des dards mortels,
elles n'en craignent pas moins l'orage, et ont des vies aussi courtes que leurs mémoires.
Sur ce, au revoir. Et bien malin celui qui sera voir la diffèrence entre un coulomier et un
camembert, qui plusieurs jours hors du frigidaire est resté.
FIN
Par Franzowsky - Publié dans : contes
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Samedi 6 janvier 2007
C'était jour de marché dans le village de Sévèria.
Les villageois s'étaient rassemblés autour du vieux marionnetiste et son singe.
Le nombre des spectateurs grandissait et un étrange murmure les parcourait.
Les deux saltimbanques crurent d'abord à un succès de leur représentation,
mais les visages restaient sévères et très vite des doigts se levèrent et pointèrent le singe:
'Au voleur!', 'ma boucle de ceinture en argent!' 'le pendentif de grand mère!' 'nos anneaux de fiançaille!'
La foule les saisis et les riches ornements de la tenue du singe on arracha pour preuves.
On entreprit ensuite de les tabasser promptement mais le singe parvint à s'extirper de la mêlée
après avoir mordu la main qui l'etreignait. Alors qu'il fuyait, son maitre fut pendu
sur la place public avant d'avoir pu plaider son innocence.
Cependant après plusieurs jours d'errance avec la faim pour seul compagnon il revînt vers ces
lieux, misérable et affamé.
Caché derrière une cagette de légume, il observaitait la potence encore présente
au milieu de la place du village.
Coupable de la déchéance de son maître, il lui semblait entrevoir une silhouette éthérique
s'y balançant; raide au bout de sa corde, un visage figé par la stupeur.
Singe savant et orgueilleux, il aimait par-dessus tout lors des spectacles éblouir le public.
Aussi chapardait-il à la moindre occasions les bijoux des passants pour se parer de lumière,
à la barbe du vieu marionnettiste qui avait la vue très basse.
Mais pour l'heure, sa venue était motivé par un chapardage tout à fait alimentaire.
Profitant de la négligence du marchand de légume, le singe se glissa avec agilité dans la
charette pleine de victuailles.
Là, il entrepris de dévorer de dévorer parmis d'autre végétaux une belle courge à peine moins grosse que lui.
Alors que la salive lui venait aux babines, une voix minuscule le fit sursauter
Se croyant découvert il sursauta avant de remarquer l' élégant papillon qui s'adressait à lui.
Posé sur le légume des reflets dans les ailes et repris la parole:
'Ma compagne à pondu ses oeufs au coeur de cette courge, je t'en pris ne la mange pas,
met la plutot en sécurité et nous ferons en sorte que tu ne le regrette pas'
Encore surpris, toujours affamé le singe décida de quitter les lieux sur le champs et pris la fuite
avec autant de légumes qu'il pouvait en transporter, suivit du papillon.
Devant un jardinet abandonné aux ronces et autre liserons, il bifurqua, posa son butin et
s'assis à l'abris pour reprendre son souffle. Rejoint par le chatoyant volatile, un étrange pourparler commençà devant les restes de navets et trognons de patissons:
''j'ai encore faim, je serais curieux de connaitre les faveurs que tu prétend m'accorder''
"C'est que nous t'avons déjà vu jouer et faire le fanfaron aux cotés de ton défunt maître.
Tu avait du talent, mais ton goût pour le brillant vous a perdu. Sans lui tu crève de faim!"
"Comprends que sans un bel accoutrement, je perds toute éloquence,
les gens me considèrent comme un vulgaire ouistiti, alors que des bagues à mes doigts
et une chainette à mon gilet, j'ai l'air d'un notable."
"Eh bien, si tu es prêt à patienter assez longtemps pour que nos oeufs éclosent et mes larves dévorent cette courge
, je te promet de t'habiller de lumière" et il fit jouer lentement les reflets de ses longues ailes
sous le regard possèdé du primate.
"bien" repondit-il songeur, "mais comment te faire confiance?"
"Reçoit ces ailes en gage de notre accord, ainsi je demeurerait près de notre courge"
"C'est d'accord j'accepte" il pris alors les ailes et les attacha à son chapeau avec un air satisfait,
sur d'être déjà moins misérable.
La nuit tombé il prit congé et quitta le village.
Il erra les jours suivant, de bourgs en bourgs, mendiant ici, disputant là,
aux chiens et chats de gouttières, restes et fonds de poubelles. Un jour rattrapé par le fumet irrésistible de quelques confiseries,
il s'abandonna derechef à son instinct chapardeur.
Approche discrête, profitant des clients agglutinés, il mis la main sur un gigantesque sucre d'orge.
Mais le propriètaire du stand, un forain, avait l'oeil, il le saisi alors fermement et le décolla du sol.
Encore une fois il tenta de mordre cette main pour s'échapper et le forain pour s'en débarasser
le jetta en direction d'un chaudron débordant de sucre en fusion...
Suivant la trajectoire du projectile simiesque, le forain considèrait tout ce sucre qui allait être foutu.
Quant au singe il serait brulé au 13° degré devant la masse incrédule de clients...
(saut de ligne, quel rythme!
) Quant soudain! Un éclair chatoyant dévia sa course et l'entraina plus loin comme par magie...
Les témoins de la scène subjugés, se rappellent alors avoir vu le singe réapparaitre couvert
d'une multitude de petites d'ailes colorées.
Un enfant rompit le silence en battant des mains et le singe (dont le cabotinage était maladif)
pris la pose dans un reflexe très professionnel.
Les applaudissement redoublèrent.
S'en suivit quelques acrobaties et un incroyable balais ailé sous les yeux du forain qui n'en revenait décidement pas.
Celui-ci partagea bientot l'enthousiame de la foule alors qu'il voyait ses confiseries se vendre comme jamais.
Quand l'étal fut vide et ce spectacle improvisé terminé, il attrapa la dernière pomme d'amour et la jetta à l'artiste.
Celui-ci l'attrapa au vol et entreprit de la dévorer, considèrant tout de même la distance qui le séparait du gros balèse.
Assis pour mieux l'amadouer celui-ci lui fit la proposition suivante:
"petit, si tu t'associe à moi et fait venir la clientèle, je promets de te nourrir comme un prince"
Le singe ne répondit rien,
il ne parlait qu'aux autres singes et aux papillons,
mais il lui grimpa sur l'épaule et y finit sa pomme.
Le forain eu un sourire et finit ainsi de ranger l'étal.
Ainsi repartirent-ils dans le couchant vers d'autres villages, le ventre et les poches pleines,
suivi d'un cortège d'ailes chatoyantes.
FIN
Par Franzowsky - Publié dans : contes
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Samedi 6 janvier 2007
Fédrach était un orque.
Né dans la tribu des Nachtz, il se complaisait dans les sensations fortes et antagonistes.
La douleur, la faim, le pillage, l'orgie et la gloire rythmaient sa vie comme les blessures,
la débacle, l'errance et tous les jours la mort.
Contrairement aux hommes qui tentent de pérenniser leur réussite quand ils s'élèvent,
les orques de sa trempe ne vivaient que pour relever de nouveaux défis.
Leurs épopées s'écrivaient dans le sang, sans compter les pertes et encore moins faire de prisonniers.
Victorieux ils délaissaient rapidement les fruits de la conquête.
Seul les hauts faits étaient considèrés.
L'aptitude à survivre, s'imposer, par la force brute, la ruse ou la traitrise, cela était reconnu.
Bien que partageant ces traits de caractères avec sa horde, Fédrach demeurait un orque bien singulier.
Ce que certains avaient pris pour de la cruauté et du vice n'était en fait qu'une curiosité inhabituelle,
doublée d'une intelligence rare chez ceux de cette race.
Il aimait interroger les mots et faire le récits de batailles.
Souvent autour du feu de camps, dans la victoire ou la défaite, il rendait hommage aux morts
et jurait la perte de l'ennemi, le traitant d'infame, d'indigne de vivre.
Aussi était-il respecté autant pour la violence de son bras que pour celle de sa langue.
Pourtant certains de ses propos demeuraient impénètrables pour le commun ce qui l'amenait à vivre en retrait.
Parfois il allait seul torturer une victime, observer ce qu'elle avait dans le ventre
et répendre ses restes bafoués sur les terres du village le plus proche.
Ce genre d'initiatives raffinées recevaient toujours l'aval des chefs.
Tout en divertissant la troupe, le spectacle profitait également à l'adversaire.
Le chef de meute avait d'ailleurs décidé de présenter Fédrach au chaman quand ils
retourneraient vers les montagnes désolées à l'arrivée de l'hiver.
Un matin brumeux, Fédrach parcourait le champs de bataille en solitaire.
Il méditait sur les postures grotesques des corps tordus par la douleur et gisant dans la boue.
'Quelle est cette chose subtile qui anime mes désirs et mon glaive ainsi que les rouages
de mon esprit? Celle là même qui s'évade laissant les corps sans vie quand je répand le sang de l'ennemi.
Ces créatures que j'ai chassé, troublé par leur beauté prétentieuse, que reste-t-il de leur
élégance quand elles gisent glacées à mes pieds? Juste une trace en moi, un souvenir
comme disent les pirates sarlakand.'
Perdu dans ses pensée il continua sa ronde et aperçu soudain un cavalier coincé sous sa
monture décapité. Leurs regards se croisèrent, l'homme bien qu' épuisé gardait un port noble.
Fédrach appréciait cela chez ses adversaires. Le menu frettin c'est bon pour les jeunes,
après çà encombre plus qu'autrechose.
Il s'approcha, serra le visage de l'homme dans sa main pour mieux le narguer et s'adressa à lui d'un ton carnassier
'Salut à toi tendre chair, as-tu une compagne qui t'attende quelquepart?'
'pourquoi te répondrait-je créature?',
'Si tu daigne me la décrire, ta tête demeurera reconnaissable pour qu'elle puisse te pleurer,
n'est-ce pas la coutume des femelles de ta races?', l'homme baissa les yeux et cèda
'J'ai bien une épouse, elle est la mère de mes trois enfants, sa chevelure est noire et ses yeux d'ambre',
'bien cela me suffit' et il lui brisa la nuque.
Fédrach vit ce dernier souffle quitter le corps et se mêler aux brumes du matin.
Lors de cette marche, une expérience inédite avait murie dans son esprit.
Il sorti son couteau de chasse, examina le tranchant et entrepris de dissèquer le cadavre
épargnant le visage du défunt. Quand les organes, de la cervelle à l'intestin passant par les
muscles et les os urent subis un minutieux examen, il se releva encore très absorbé.
'J'ai vu cet homme vivant quelques battements de coeur plutot, j'en conserve le souvenir,
comme lui-même conservait le souvenir de sa compagne. Malgré cela, je n'ai pas pu debusquer où
, des viscères à la cervelle ces souvenirs résidaient?
Que la vie est mystérieuse... la mort n'élucide pas grand chose.'
Méditant sur cette troublante découverte il rentra au camps pour prendre un petit déjeuner.
Il aimait ces moments de tranquilité loin des rires gras de ses frères d'armes,
seul avec ses pensées, avant de repartir au combat.
FIN.
Par Franzowsky - Publié dans : contes
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